ÉCRITURE ET TRADITION
particulières qui ne seraient pas contenues dans le dépôt scrip-
turaire ou du moins dans ce dont l'Écriture porte témoignage.
S. Irénée dit même qu'il n'y en a pas que les Apôtres n'auraient
point transmises publiquement. Il s'agit du sens du tout comme
tel. Si l'on peut trouver dans la « Tradition » des vérités parti-
culières qui ne seraient pas exprimées dans l'Écriture, ce sera
sans doute grâce à ce génie propre de la Tradition à la faveur
de l'«< analogie de la foi », c'est-à-dire au nom de la lumière
que peut jeter, sur quelque article particulier, le rapport des véri-
tés entre elles, avec leur centre et le terme de tout l'ouvrage.
Ceci est très spécialement vrai des deux doctrines mariales défi-
nies à l'époque moderne, l'Immaculée Conception et l'Assomp-
tion corporelle de la Mère de Dieu.
Tel est, d'après les Pères, le rapport foncier entre la Tradi-
tion et l'Écriture. Ils eussent aimé cette formule d'un contem-
porain caractérisant la Tradition comme «< un instinct scriptu-
raire consubstantiel à l'Écriture 68 ». Telle a été la pratique des
Pères, tels ont été leur grâce et leur génie. Tels sont aussi la
grâce et le génie de la liturgie. On le montrerait facilement, et
il nous serait doux de le montrer, soit pour l'usage, souvent si
éclairant et merveilleusement éducatif du sens chrétien, qu'elle
fait, au cours de son cycle annuel, du texte de l'Écriture, soit
pour la façon dont elle voit et éclaire le mystère marial par l'en-
semble des textes bibliques qui portent témoignage au Dessein
de Dieu. Nous en traiterons au chapitre suivant.
5º Le lieu de cette action par laquelle Dieu se révèle et
donne l'intelligence de la Parole, est l'Église, faite des
hommes qui se convertissent à Jésus-Christ.
L'unanimité des Pères et des théologiens de tous les temps
se poursuit pour affirmer qu'on ne peut tenir l'Écriture authen-
tique ni connaître en plénitude la vérité de son sens que dans
l'Église 69. S. Irénée voit dans cette Église le lieu où la lecture
des Écritures est authentique, parce qu'elle est le lieu des cha-
rismes de Dieu 70 et ces charismes se trouvent plus particulière-
ment chez les presbytres, qui ont la succession des Apôtres 7¹.
Même affirmation chez Origène 72 et nous ne citons cet écrit,
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