NOTES DU CH. I
(Textes newmaniens, I), Paris, 1955, p. 328. R. LAURENTIN (Structure
et Théologie de Luc, I-II, Paris, 1957) montre que Marie a réfléchi sur
la signification religieuse des événements et transmis à Luc des sou-
venirs déjà interprétés.
79. S. JUSTIN, Dial., VII, 3, où le vieillard dit à Justin : « Demande
avant tout que les portes de la lumière te soient ouvertes, car nul ne
peut voir ni comprendre ces choses si Dieu, et son Christ, ne lui en
fait pas la grâce » (XXIX, 5; XCII, 1). Sous Commode, le martyr Apol-
lonius répond au préfet Perennius: «La parole du Seigneur, Perennius,
n'est perçue que par le cœur qui voit, dê même que la lumière par les
yeux qui voient, et c'est en vain que l'homme parle à des fous et que
la lumière luit pour les aveugles» (Ausgewählte Märtyrer-Akten, éd.
KNOPF-KRUEGER, n. 32, p. 33). En 177, l'évêque de Lyon Pothin, inter-
rogé par le proconsul de Lyon, « Quel est ton Dieu? », lui répond :
« Tu l'apprendras si tu en es digne» (ap. EUSÈBE, H. E., V, I, 31).
Au même moment (entre 170 et 180), Théophile d'Antioche rédige
son Ad Autolycum, où il dit : « Maintenant, si tu me dis : « Montre-
<< moi ton Dieu », je pourrais te répondre : « Montre-moi ton homme,
<< et moi je te montrerai mon Dieu.» « Présente donc, en train de
« voir, les yeux de ton âme, et les oreilles de ton cœur en train d'écou-
ter... » (etc.): Ad Aut., I, 2 (S. Ch., 20, 1948, p. 60-63 : P. G., 6, 1025).
Voir ensuite CLÉMENT D'ALEXANDRIE, Strom., III, 5, 42, 5-6 à 43. I et
IV, 6, 39 (P. G., 8, 1145 C et 1249 C-1252 A; O. STAEHLIN, G. C. S.,
Clem. II, p. 215 et 265-266); ORIGÈNE, C. Celsum, VI, 69, et VII, 39
(P. G., 11, 1404 et 1477 A); S. ATHANASE, C. Gent., 34 (P. G., 25,
68: E. P., n. 746); Orat. de Inc. Verbi (25, 196-197); S. AUGUSTIN,
De Utilit. cred., cc. 8-16 (P. L., 42, 78 s.); Soliloq., I, 1, 6 (32, 872,
sur le quaerere) et 6 (875-876: seule l'anima sanata peut voir Dieu);
De Agone christ., 13, 14 (40, 299 : « Errat quisquis putat veritatem se
posse cognoscere cum adhuc nequiter vivat »), 16, 18 (col. 300); et
tant d'autres passages disant que, pour voir Dieu, il faut avoir le cœur
purifié: De Doctr. chr., I, 10 (34, 23); In Joan. Ev., tr. I, 19 (35, 1388);
In Joan Epist., tr. VII, 10 (col. 1349); De Div. Quaest., 48 (40, 31), etc.
80. Hom. 18 in Evang., 1 (P. L., 76, 1150); cf. hom. 15 (1131-1134).
81. Cf. L.-M. DEWAILLY, op. cit., p. 124.
82. Citons ici un admirable texte de Luther, en indiquant ses sources
traditionnelles : « Nos sumus potus Christo et veritati, et veritas ac
Christus e contra potus noster, quia epulamur cum Domino in mutuo
convivio pinguissimo ipse nobiscum et nos cum illo, dum invicem
incorporamur » (Dictata super Psalter. (in Ps. 68), Weimar, III, 434).
Antécédents: Origène, S. Bernard, Tauler.
83. Sens admis par le plus récent commentaire protestant en fran-
çais, celui de J.-C. MARGOT, Les Épîtres de Pierre, Genève-Paris, 1960,
p. 109: « Tout cela n'exclut pas la recherche individuelle et humble du
sens de la Bible. Mais, pour parer au risque de fantaisie, cette recherche
personnelle devra être soumise au contrôle d'une recherche commu-
nautaire effectuée dans l'Église, sous la conduite des hommes mis à
part pour la diriger. » Un autre exégète protestant, peu
dominé par
préoccupations dogmatiques, renchérit : « Persönliche vom einzelnen
vorgenomene, vom kirchlichen Lehramt nicht autorisierte Exegese,
ist nicht gestattet» (E. KAESEMANN, Eine Apologie der urchristl. Escha-
tologie, dans Z. Th. Krit., 49 (1952), p. 292.
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