LA TRADITION ET LES TRADITIONS
84. Voir E. H., p. 38-39, n. 45.
85. S. Thomas d'Aquin invoque souvent le principe « Quidquid
recipitur ad modum recipientis recipitur », mais il l'applique au carac-
tère discursif de l'esprit humain, à son besoin d'enseignement, de dia-
logue et de vie sociale, il a peu expressément développé son application
à l'historicité, bien que ses principes l'incluassent (cf. sur ces principes,
M.-D. CHENU, Situation humaine. Corporalité et Temporalité, dans
L'Homme et son destin (Ier Congrès internat. de Philos. méd.), Louvain-
Paris, 1961, p. 23-49). Le concile de Trente encore, en parlant des tra-
ditions et de l'Écriture, a défini des autorités en quelque sorte intempo-
relles, sans conscience de leur nature pleinement historique. Mais on a
pu trouver dans le principe « Quidquid recipitur » et dans la struc-
ture de l'esprit humain une raison du développement des dogmes
(cf. M.-D. CHENU, La Raison psychologique du développement du dogme,
dans R. S. P. T., 13 (1924), P. 44-51).
86. Hom. VIII in Cant. (P. G., 44, 941 C): texte souvent cité par le
P. J. DANIÉLOU, mais avec des références diverses et inexactes.
87. Il serait intéressant et fructueux d'étudier cet aspect de publicité,
destiné à « beaucoup » (à tous), des paroles et des faits constitutifs
du rapport religieux d'alliance. Voir par exemple Jn, 18, 20: « C'est
au grand jour que j'ai parlé au monde..., je n'ai rien dit en cachette »;
le témoignage donné à Jean-Baptiste, aux élites de la nation (cf. Dom
OLIVIERI, dans R. B., 35 (1926), p. 282-295); la Pentecôte comme publi-
cité et mise au monde de l'Église (cf. notre Pentecôte, Paris, 1956,
p. 116); les Apôtres constitués témoins: Lc, 24, 48; Ac, 1, 8 et 22; 2,
32; 3, 15; 5, 32; 10, 39 et 41; l'Evangile rendu connu à tous et proclamé
publiquement: fn, 12, 37; Ac, 2, 22, 36; 4, 10; 26, 26. « Notum feci
vobis », « Notum factum est... » Ac, I, 19; et cf. 2, 14; 4, 10 et
16; 9, 42; 13, 28; 19, 17; etc.
88. Voir S. THOMAS, IV Sent., d. 8, q. I, a. I, sol. 3; Ia IIae, q. 101,
a. 2; IIIa, q. 60, a. 3; q. 73, a. 4; Office du Saint Sacrement, ant. O
sacrum et Collecte. Voir J. MOUROUX, Structure personnelle du présent
chrétien, dans R. S. R., 44 (1956), p. 5-24 (repris depuis dans Le Mys
tère du temps. Approche théologique (Théologie, 50), Paris, 1962);
J.-M.-R. TILLARD, La Triple dimension du signe sacramentel, dans
N. R. T., 83 (1961), p. 235-254. — Convergence d'une pensée protes-
tante, sur la base de l'Ecriture: J. J. VON ALLMEN, Pour un prophétisme
sacramentel, dans L'Église et les Églises, Chevetogne, 1954, t. II,
P. 309-343 (cf. p. 310-316); Le Saint-Esprit et le culte, dans Rev. de
Theol. et Phil., 3e série, 9 (1959), p. 12-27.
89. Convergence des études récentes (plusieurs parues après la
rédaction de ces pages: printemps 1960): TH. STROTMANN, Le Temps
et le Christ, dans Irénikon, 1948, p. 395-410 (cf. infra, ch. VII); J. DANIÉ-
LOU, Essai sur le mystère de l'Hist., Paris, 1953; I. DALMAIS, Le Temps de
l'Église, dans L'Église et les Églises, Chevetogne, 1954, t. II, p. 87-103;
ID., dans Initiation à la Liturgie, Paris, 1958, p. 85 s.; O. CLÉMENT,
Transfigurer le temps, Neuchâtel-Paris, 1959, surtout p. 127; H. HOL-
STEIN, La Tradition dans l'Église, Paris, 1960, p. 287 s., 292-293; J. Mou-
ROUX, op. cit. n. préc., p. 196-220, qui cite aussi, p. 57, ce texte de
S. IRÉNÉE sur le temps propre de l'Eglise l'année chrétienne « est,
non pas celle de douze mois, mais tout le temps de la foi, pendant
lequel les hommes croient en écoutant la prédication, et deviennent
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