LA TRADITION ET LES TRADITIONS
de cette histoire, utilise, non seulement les facultés humaines du Christ
glorifié, mais ses acta et passa historiques, assumés par le Verbe qui en
est métaphysiquement le sujet, en une condition supra-humaine et
supra-historique.
Nous semblent aller dans ce sens : CH. JOURNET, E. H. SCHILLE-
BEEKS, Dom J. GAILLARD (La Théologie des Mystères, dans R. Thom.,
57 (1957), p. 510-551), CL. J. GEFFRÉ (Les Sacrements et le temps, dans
M.-D., nº 65, 1961/1, p. 96-108: p. 103 s.), se réclamant de P. WEGE-
NAER, Heilsgegenwart. Das Heilswerk Christi und die virtus divina in den
Sakramenten unter bes. Berücksichtigung von Eucharistie und Taufe,
Munster, 1958. Notre interprétation nous semble aussi confirmée par
les analyses de J. MOUROUX, dans le chapitre de son Mystère du temps,
1962, consacré à la Présence du Christ au temps (paru après la rédac-
tion de notre texte).
91. Voir Le Christ, Chef invisible de l'Église visible d'après S. Paul
dans Rapports d'un Colloque de Christologie à paraître chez Desclée
de Brouwer.
92. « Je viendrai à vous... » (Jn, 14, 18 et 28; cf. 3, 8 pour l'Esprit)
On interprète de plus en plus communément certains passages des dis-
cours eschatologiques dans les Synoptiques, des venues du Christ dans
l'histoire.
93. S. THOMAS, Iª, q. 43.
94. Cf. CH. JOURNET, L'Église du Verbe incarné, t. II, Paris, 1952,
p. 462-471, 481, 486-491, 500-508.
95. Nous serions ici assez proche de la façon dont G. EBELING voit la
nature propre de l'histoire de l'Église: Kirchengeschichte als Geschichte
der Auslegung der Hl. Schrift, Tubingue, 1947. Mais Ebeling formule
sa pensée dans un cadre trop étroit, conditionné par l'idée protestante
que le seul élément déterminant le rapport religieux est la Parole de
Dieu, elle-même identifiée à l'Écriture. Il élargit sa réponse en disant
que l'Auslegung est aussi action. Nous serions mieux à l'aise si, au lieu
de parler en termes d'Auslegung en lui adjoignant la pratique chrétienne
comme une extension, Ebeling parlait: rapport religieux vécu, en
situant l'Auslegung à l'intérieur de cette réalité.
96. Pas simplement au sens général qui se vérifie en toute « tradi-
tion » et qui consiste à continuer de faire comme on a fait antérieure-
ment, sens purement sociologique qu'exprime bien, par exemple,
M. Dufrenne : « Pour qu'on puisse véritablement parler de tradition,
il faut que le passé soit spontanément assumé comme le sens même du
présent, sans qu'il y ait de discontinuité dans le temps social, sans que
le passé apparaisse comme du dépassé » (Note sur la Tradition, dans
Cahiers intern. de Sociologie, 1947, p. 158-169, 167). Dans la tradition
au sens théologique du mot, il y a, par transmission, identité de principe
et de contenu d'existence, assurée, non simplement par la fidélité des
héritiers, mais par l'identité du sujet dernier, le Saint-Esprit.
97. Le résumé qui suit est expliqué et justifié dans Esquisses du mys-
tère de l'Église, 20 éd., Paris, 1953, p. 130 s.; Pentecôte, Paris, 1956,
P. 34-50.
98. A. H., III, 24, 1 (P. G., 7, 966; HARVEY, II, p. 131; E. P., nº 226;
trad. M. SAGNARD, S. Ch., 34, Paris, 1952, p. 399).
99. Die Verkündigung des Wortes im Urchristentum dargestellt an den
Begriffen « Wort Gottes », « Evangelium » und « Zeugnis », Stuttgart, 1939.
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