LA TRADITION ET LES TRADITIONS
souvent de l'Évangile « annoncé par les prophètes» (S. IGNACE, Eph.,
V, 2; IX, 2; S. IRÉNÉE, A. H., III, 10, 6 et 11, 7; V, praef. (P. G., 7,
878-879, 884, 1119; HARVEY, t. II, p. 40, 45, 313); Demonstr., 98 (S. Ch.,
62, Paris, 1959, p. 156) et voir H. HOLSTEIN dans R. S. R., 36 (1949),
p. 255).
110. Toute l'Écriture étant relative à Jésus-Christ, elle est, à ce
niveau-là, Évangile. Formule augustinienne : « Lex, spiritualiter intel-
lecta, Evangelium est » (Sermo, 25, 2: P. L., 38, 168); le vin de l'Évan-
gile est déjà caché dans l'eau de l'A. T. et il en sort si l'on y voit le
Christ (In Joan. Ev., tr. IX, 3, commentant Cana, avec citation de
2 Cor, 3, 14-16 (P. L., 35, 1459)). Pour le destin ultérieur du thème :
H. DE LUBAC, Exégèse médiévale. Les quatre sens de l'Écriture, I/1 (Théo-
logie, 41), Paris, 1959, p. 305, 310-363; t. 1/2, p. 629, 668-681; II/1
(Théologie, 42), 1961, p. 101, 181-197, 225-226, 506 s.
III. Entstehung und Entwicklung d. Kirchenverfassung u. d. Kirchen-
rechts, p. 238.
112. J. SCHNIEWIND, Die Begriffe Wort und Evangelium bei Paulus,
1910; Euangelion..., I, 1927; II, 1931; E. MOLLAND, Das paulinische
Evangelium, 1934; G. FRIEDRICH, art. EvαYY€λíÇoµαɩ evαyyeλɩov, dans
KITTEL, t. II, p. 705-735; R. Asting cité supra, n. 99.
113. Mais les historiens protestants, qui seuls se sont occupés du
sujet, ont généralement travaillé sous le signe de l'opposition luthé-
rienne entre Loi et Évangile (voir A. FRIDRICHSEN, Evangelium: Ire-
näus, Hippolyt, Novatian, dans Norsk Teologi til reformationsjubilæet,
1917, p. 148-170; E. MOLLAND, The Conception of the Gospel in the
Alexandrian Theology, Oslo, 1938; V. E. HASLER, Gesetz und Evange-
lium in der alten Kirche bis Origenes. Eine auslegungsgeschichtl. Untersu-
chung, Francfort, 1953).
114. Voir de nombreux textes dans H. DE LUBAC, loc. cit., supra
(n. 110); S. IGNACE D'ANTIOCHE, Philad., 3, 1; 9,2; Eph, 20, 1; ORIGÈNE,
Comm. in Joan., I, 4 (6), l'Évangile est, d'une façon générale, « tout ce
qui établit la venue du Christ et organise sa présence, la rendant effec-
tive pour les âmes qui veulent bien recevoir le Verbe de Dieu lorsqu'il
se tient à la porte, qu'il frappe et veut entrer chez elles » (P. G., 14,
31-32; G. C. S., 26, p. 9) et voir MOLLAND, cité supra (n. 113), p. 99;
S. GRÉGOIRE fait, des symboles déjà classiques des quatre évangélistes,
une expression de quatre moments de l'unique mystère du Christ lui-
même, homme en sa naissance, bœuf (animal de sacrifice) dans sa mort,
lion dans sa résurrection, aigle dans sa montée aux cieux (In Ezech.,
III, 1, et IV, I s. : P. L., 76, 785, 815 s.), thème repris par l'évangé-
liaire d'Holkham Hall, début ixe siècle (D. A. C. L., V, 795). Pour le
haut moyen âge, voir Raban Maur, Berengaud, Pierre Damien, etc.,
cités dans H. DE LUBAC, op. cit., I/1, p. 131;1/2, p. 668, 671, 672; Ama-
laire et Paschase, ibid., p. 322; Rupert, p. 226.
115. Les évangélistes, soit sous forme humaine, soit sous le symbo-
lisme des quatre animaux, entourant le Christ en majesté : D. A. C. L.;
F. VAN DER MEER, Majestas Domini, Paris, 1938.
116. S. JEAN CHRYSOSTOME, P. G., 54, 404, et apud PHOTIUM, 104, 275;
Const. Apost., VIII, 4, 2 (FUNK, I, 473); SÉVERIEN DE GABALA, V. 400,
qui y voit une coutume très ancienne (texte trad. apud J. LÉCUYER,
Note sur la liturgie du sacre des évêques, dans Ephemer. Liturg., 66 (1952),
p. 370); rite répandu en Occident à partir des Statuta Ecclesiae antiqua
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