
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
H. RAHNER, ét. citée): Ps.-BARNABÉ, II, 2-7 (FUNK, I, 73); S. JUSTIN
(Dial., 34, 2; 76, 1; 90, 5; 113, 6; 114, 2); S. IRÉNÉE, Démonstr., 46
(S. Ch., p. 106); S. HIPPOLYTE, frag. sur Prov., 24, 61 (G. C. S., I/2,
p. 167) et Com. du Cant. (I/1, p. 351), etc.
128. Démonstr., 46 (S. Ch., 62, Paris, 1959, p. 106, trad. FROIDE-
VAUX). Pour Tertullien, Grégoire d'Elvire, Grégoire de Nysse (cité
par J. DANIELOU, Sacramentum futuri, p. 149), les douze sources
ouvertes ainsi par Moïse sont la doctrine des douze Apôtres. On pour-
rait multiplier les références.
129. Epist., 73, 10, 3: « L'Église, à l'instar du paradis, renferme à
l'intérieur de ses murs des arbres fruitiers. Parmi eux, celui qui ne donne
pas de fruits est arraché et jeté au feu. Ces arbres, elle les arrose de
quatre fleuves, c'est-à-dire, des quatre évangiles par lesquels elle répand
les flots célestes de la grâce du baptême... » (HARTEL, p. 785; trad.
BAYARD, II, p. 268).
130. Epist., 63, 8, 1-3: « I. D'autre part, toutes les fois que l'eau est
nommée seule dans les saintes Écritures, c'est le baptême qui est
annoncé, comme nous le voyons en Isaïe : « Ne vous souvenez plus,
« dit-il, de ce qui a précédé, et ne pensez plus aux événements passés.
« Voici que je fais des choses nouvelles qui paraîtront bientôt, et vous
« les verrez. Je ferai un chemin dans le désert; de l'eau, dans un endroit
« qui n'en a pas, abreuvera ma race choisie, le peuple que j'ai formé
« pour moi afin qu'il publie mes louanges » (Is, 43, 18-21). Dieu a pré-
dit en cet endroit par son prophète que chez les Gentils, dans les lieux
qui manquaient d'eau auparavant, il en coulerait en abondance, qui
abreuverait la race choisie de Dieu, c'est-à-dire ceux que la génération
par le baptême aurait faits enfants de Dieu.
« 2. De même, il est encore prophétisé et prédit que les Juifs, s'ils
ont soif et cherchent le Christ, boiront chez nous, c'est-à-dire obtien-
dront la grâce du baptême. « S'ils ont soif, dit-il, dans le désert, il leur
<< amènera de l'eau, il en fera jaillir du rocher, le rocher s'ouvrira, l'eau
« coulera, et mon peuple boira » (Is, 48, 21). C'est ce qui s'accomplit
dans l'Évangile; quand le Christ, qui est le rocher, est ouvert par le
coup de la lance durant sa passion (Jn, 19, 34).
«3. C'est lui, d'ailleurs, qui faisant comprendre ce qu'a prédit le pro-
phète, s'écrie: «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne et qu'il boive, celui
« qui croit en moi. De son sein, comme dit l'Écriture, couleront des
« fleuves d'eau vive » (Jn, 7, 37-39). Et pour qu'il fût encore plus mani-
feste que ce n'est pas du calice, mais du baptême, que parle en cet
endroit le Seigneur, l'Écriture ajoute: «Il dit cela de l'Esprit que
<< devaient recevoir ceux qui croyaient en lui. » Or, c'est par le baptême
que l'on reçoit le Saint-Esprit, et quand on est ainsi baptisé et qu'on
a reçu le Saint-Esprit, on boit alors seulement le calice du Seigneur »>
(HARTEL, p. 706-707; trad. BAYARD, II, p. 203-204).
131. Supra, n. 125. Ailleurs, chez Hippolyte, l'eau = la connaissance,
la vraie doctrine coulant du Saint-Esprit et qui consiste dans les Apôtres
et prophètes (Com. du Cant.: G. C. S., Hipp., I/1, p. 374); cette eau
sort de la poitrine du Christ dont les seins sont les deux Testaments
(p. 344).
132.
Discite de fonte fluvium manare perennem
Qui nutrit lignum in bis senos gratis fructus
Exit et in terram ventosque in quattuor orbis
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