
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
biblique des sacrements et des fêtes d'après les Pères de l'Église (Lex orandi
II), Paris, 1951.
134. Ainsi dans le fond de coupe présenté par D. A. C. L., I, 885
(et fig. 202): le registre supérieur représente le Christ debout sur un
monticule, d'où coule le Jourdain, et donnant la loi à Pierre; le registre
inférieur représente l'agneau sur un monticule d'où s'écoulent quatre
fleuves. Même désignation du fleuve dans la mosaïque absidale des
SS. Côme et Damien et de Ste Praxède, à Rome. « Jourdain >> est écrit
sur l'Agneau dans les fresques des SS. Pierre et Marcellin. Ainsi le Jour-
dain désigne le Christ, mais, également le baptême (voir S.AMBROISE,
In Ps, 37, 10 (C. S. E. L., 64, 143); D. A. C. L., I, 885; F. J. DÖLGER,
Der Durchzug durch den Jordan als Sinnbild der christl. Taufe, dans
Ant. u. Christ., 2 (1930), p. 70-79; J. DANIELOU, Sacramentum Futuri,
p. 245; P.-A. FÉVRIER, art. cité, p. 183).
135. In Ps, 41: P. L., 26, 949.
136. S. PAULIN DE NOLE, Épist., 32, 10 (C. S. E. L., 29, 286: HAR-
TEL); S. AUGUSTIN, De Civ. Dei, XIII, 21 (P. L., 41, 395; DOMBART-
KALB, I, p. 586; C. S. E. L., 40/1, p. 646); ALDHELME, Poema de aris
B. M. et XII Apostolis dedicatis (P. L., 89, 295; cf. D. A. C. L., 886-
887). S. ISIDORE, Etym., VI, 16, 5 et 10; FLORUS DE LYON, cité D. A. C. L.
V, 1761; HILDEBERT DE LAVARDIN, P. L., 171, 1279 :
Denotat Ecclesiam Paradisus, et in Paradiso
Est lignum vitae, Christus in Ecclesia (...)
Quatuor ex uno flumina fonte cadunt:
Sic Evangelii sunt libri quatuor; horum
Nos doctrina regit, fructiferosque facit...
Voir encore HUGUES DE SAINT-VICTOR, Alleg. in Vetus Test., I, c. 6
(P. L., 175, 638). Le thème de l'Église-Paradis dérive du thème :
Evangiles fleuves du Paradis, car l'Église n'est que la fécondité de
l'Évangile.
=
Au point de vue iconographique: représentation des quatre fleuves
du Paradis, surtout dans les fonts baptismaux, au moyen âge (BAUER-
REISS, op. cit., p. 30 s., 43-50 et 57-64) (avec l'explication de la bénédic-
tion de l'eau baptismale, dans la nuit de Pâques, en forme de & = une
fleur, réduction quasi hiéroglyphique de l'arbor vitae). A la cathédrale
de Reims, les quatre fleuves du Paradis, c'est-à-dire les quatre Évan-
giles, sont la source fécondante de toute l'Église (ÉT. PAILLARD, Por-
tail de Reims, 1935, p. 36 s.).
L'ornementation des évangéliaires, surtout ceux du Ixe siècle, sou-
vent accompagnée de textes, est également significative (cf. D. A. C. L.,
V, 775-845, art. Évangéliaire); les nos 52, avec un texte plein de réfé-
rences baptismales; 94 (fin Ixe-début xe s.), avec pour textes: Hic liber
est vitae, hic fons et origo librorum / Unde fluit quicquid quisquis in orbe
sapit (...) Quatuor hic rutilant uno de fonte fluentes. On voit par de tels
textes la persistance de la tradition que nous essayons de saisir et qui
aboutit au texte du concile de Trente sur Écriture et traditions (apos-
toliques); nº 106 (deuxième moitié du Ixe s.), « quatuor hic... »; 108,
même inscription; 116, évangéliaire de Saint-Médard de Soissons
(v. 827), dont la célèbre fontaine mystique est une sorte de baptistère;
153 (Codex Adae, fin VIIIe s.), « Hic liber est vitae, paradisi et quatuor
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