LA TRADITION ET LES TRADITIONS
missa sunt »; c. 7, D 800 : « Hanc fidem, ante baptismi sacramentum
ex Apostolorum traditione catechumeni ab Ecclesia petunt..., etc. »
148. Cf. D 1789 : « humanae salutis initium ».
149. Sess. VI, cap. 6, D 798.
150. «Propter auctoritatem Dei revelantis » (D 1789).
151. Bien peu l'ont fait, si nous ne nous trompons. S. Thomas
d'Aquin propose trois raisons pour lesquelles il était convenable que
Jésus ne livrât pas son enseignement par écrit (IIIª, q. 42, a. 4) :
1º A cause de sa dignité. Un maître supérieurement excellent enseigne
d'une manière plus noble et plus excellente. Il convenait que le Christ
imprimât sa doctrine sur des âmes vivantes. Les maîtres humains les
plus excellents, Socrate ou Pythagore, l'on fait à leur niveau. S. Thomas
s'inscrit ainsi discrètement dans la suite des auteurs qui ont traité le
thème: Socrate et Jésus (dernier en date : E. FASCHER, Sokrates u.
Christus, Bonn, 1952, repris dans Sokrates und Christus, Beiträge zur
Religionsgesch, Leipzig, 1959, p. 36-94). Son idée de l'enseignement
oral comme étant plus noble et plus excellent se rattache-t-elle à celle
du Pseudo-Areopagite, Hier. Eccl., 1, 4 (P. G., 3, 376; trad. DARBOY,
éd. B. Presse, p. 78): « Par ce mot (divins oracles), il faut entendre
non seulement ce que nos maîtres inspirés nous ont laissé dans les
saintes Lettres et dans leurs écrits théologiques, mais encore ce qu'ils
ont transmis à leurs disciples par une sorte d'enseignement spirituel et
presque céleste, les initiant d'esprit à esprit d'une façon corporelle sans
doute, puisqu'ils parlaient, mais j'oserai dire aussi immatérielle, puis-
qu'ils n'écrivaient pas... » : texte non cité par S. Thomas, si l'on se fie
à J. Durantel. Cf. cette paraphrase de Thomas de Verceil : « Sacrae
doctrinae nobis a Deo traditae, quas nobis tradiderunt sancti Apostoli
ex hagiographis et theologicis libris, et quas tamen didicerunt imme-
diate a Domino Jesu per doctrinam vivae vocis, quae immaterialior et
simplicior est quam Scriptura, et quodammodo vicina est doctrinae
coelestis hierarchiae, in eo quod ex mente in mentem transfunditur per
medium sermonem, quamvis corporalem, qui quidem simplicior est
quam scrpitura » (dans Dionysii Cartusiani Opera omnia, Tournai, 1902,
t. XV, p. 371ª). Le motif que donne S. Thomas n'est pas exactement
celui de Denys: il est pris, non de la dignité supérieure du moins
corporel sur le plus corporel, mais du fait d'imprimer l'enseignement,
directement, dans les cœurs des auditeurs, ce qui est la fin de l'ensei-
gnement: motif « formel », tiré de la nature propre de la chose, et qui
rejoint le thème, profondément traditionnel, de l'Evangile inscrit, non
avec de l'encre sur du papier, mais dans les cœurs (cf. infra, Excur-
sus A). Cajetan ajoute (no III) que Jésus enseigne ainsi de façon bien
plus excellente que les meilleurs maîtres puisque, étant Dieu, il peut
agir jusque dans les esprits (« Solus Deus illabitur menti »).
2º A cause de l'excellence de la doctrine du Christ, qu'aucun écrit
ne pouvait contenir (cf. Jn, 21, 25). Si le Christ avait rédigé son ensei-
gnement, on eût pu croire qu'il n'y avait rien de plus en celui-ci que
ce qui en était formulé ou écrit.
30 Pour ménager l'existence d'une certaine structure de communi-
cation entre le Maître et les hommes appelés à devenir ses disciples. Si
le Christ avait rédigé un livre, chacun eût pu devenir son disciple
immédiatement et sans intermédiaire. Mais le plan de Dieu est d'appe-
ler les hommes à la foi par le ministère d'autres hommes. Ce fait -
car
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