NOTES DU CH. I
-
c'est un fait, fondé dans la nature sociale de l'homme et dans l'unité
spécifique de l'humanité se rattache sans doute, dans la pensée de
S. Thomas, à l'idée qu'il est plus noble de faire participer d'autres
êtres à son action et à sa causalité, que de produire directement tous
les effets par soi-même. Mais il traduit bien la loi chrétienne de média-
tion fraternelle, dont on a parlé plus haut.
Notons que PLATON tenait, dans la suite de Socrate, pour l'excel-
lence supérieure de la doctrine non écrite : « De telles choses (la phi-
losophie), il n'y a pas moyen de les mettre en formules comme on fait
pour les autres sciences » (Lettre VII, 341 c-e: trad. J. SOUILHÉ, Euvres
compl., éd. Budé, t. XIII/1, p. 50); « Une fois écrit, un discours roule
de tous côtés, dans les mains de ceux qui le comprennent comme de
ceux pour qui il n'est pas fait, et il ne sait même pas à qui il doit parler,
avec qui il doit se taire. Méprisé ou attaqué injustement, il a toujours
besoin que son père vienne à son secours, car il ne peut ni résister ni
se secourir lui-même » (Phèdre, 275 c: trad. V. COUSIN, Œuvres, VI,
(1849), p. 124). Cf. MOFFATT, The Thrill of Tradition, Londres, 1944
p. 16 s. et, pour les stoïciens qui pensaient de même, p. 22 s. Platon
a bien écrit, mais des dialogues, qui dépassent le genre de la formula-
tion didactique. Sur le « dialogue », cf. Protagoras, 347 e-348 a (trad.
A. CROISET et L. BODIN: Budé, t. III/1, p. 68-69).
152. Ainsi Jean Driedo (cf. MURPHY, op. cit., p. 73 s. Voir infra,
P. 343, n. 28).
153. A. H., III, 4, 1-2 (P. G., 7, 855; HARVEY, II, p. 15; SAGNARD,
p. 116 et 117). Noter qu'à l'époque d'une organisation liturgique du
catéchuménat, l'obligation de recevoir et d'apprendre par cœur le sym-
bole a été parfois justifiée par le texte de fér, 31, 33, sur la loi écrite
dans les cœurs: ainsi S. AUGUSTIN, Sermo 212, 2 in traditione symboli
(P. L., 38, 1060).
154. Philad., 5, I (CAMELOT, S. Ch., 10, Paris, 1944, p. 113).
155. Philad., 9, I.
156. Philad., 9, 2; Eph., 20, I.
157. Epist., VII (Opera, éd. Bâle, 1565, p. 857): E. H., p. 133. En
face de cela, la formule réformée sur l'Église jugée par l'Ecriture, ne
peut être tenue qu'en « tirant un trait» (Cullmann) entre l'Église des
temps apostoliques et l'Église des siècles ultérieurs. Ce qui pose des
questions, en particulier au point de vue de l'action du Saint-Esprit.
158. Cf. 2 P, I, 20-21; S. IRÉNÉE, A. H., III, 1, 1 (7, 848; II, p. 8;
E. P., nº 208), voir E. H., p. 46; TERTULLIEN, Adv. Marc., IV, 2
(ŒEHLER, III, 426; E. P., nº 339): « Constituimus in primis evangeli-
cum instrumentum apostolos, auctores habere, quibus hoc munus
evangelii promulgandi ab ipso Domino est impositum. »
159. Paul rappelle par écrit un Évangile qu'il a d'abord prêché (1 Co,
15, 1). Eusèbe montre les disciples du Ier siècle accomplissant «<l'œuvre
d'évangélistes avec l'ambition de prêcher... la parole de la foi et de
transmettre les livres des Évangiles divins » (H. E., III, 37, 2 : S. Ch.,
31, Paris, 1952, p. 151).
160. On la trouve déjà chez J. Ev. KUHN, art. de la T. Q. de 1856
ou 2º éd. de la Dogmatik, 1859; cf. J. R. GEISELMANN, Die lebendige
Ueberlieferung als Norm des christl. Glaubens dargestellt im Geiste der
Traditionslehre Johannes Ev. Kuhns, Freiburg, 1959, p. 90 et 94.
ne faut évidemment pas opposer la Tradition et les traditions, car celle-là
Il
283
