
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
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fait que le même Saint-Esprit, qui a parlé par les prophètes, agit sans
cesse dans l'Église et dans les chrétiens, on parlait assez indistinctement
d'inspiratio ou de revelatio: (voir La Trad. et les trad. I. Essai hist.,
P. 151-166). Pour le sens donné ici à l'expression trad. constitutiva,
voir A. DENEFFE, Der Traditionsbegriff. Studie zur Theologie. Munster,
1931, p. 107, s., 133, 163. L'expression est susceptible d'un autre sens
(cf. infra, n. 24).
17. « Tanquam divinum depositum Christi Sponsae tradita, fide-
liter custodienda et infallibiliter declaranda»: 1er concile du Vatican,
sess. III, cap. 4, (DENZINGER, 1800); « ut... fidei depositum sancte cus-
todirent et fideliter exponerent » (sess. IV, cap. 4: DENZ. 1836).. Cf.
CIC, c. 1322, I.
18. Préciser ce point a été le mérite particulier de L. Billot. Cf. La
Trad. et les trad. I. Essai hist., p. 253 s.
19. Op. cit., n. 209; trad. française, p. 164.
20. S. VINCENT DE LÉRINS, Commonitorium, 2 (P. L., 50, 639 : en
434).
21. MÖHLER (Symbolik, § 38) définit la tradition, au sens subjectif,
« der eigentümliche in der Kirche vorhandene und durch die kirchliche
Erziehung sich fortpflanzende christliche Sinn, der jedoch nicht ohne
seinen Inhalt zu denken ist... » (éd. J. R. GEISELMANN, Cologne-Olten,
1958, p. 415), texte cité par Perrone (W. KASPER, op. cit., p. 94, n. 100).
Cf. Newman (W. KASPER, op. cit., p. 97-102), Perrone (p. 38, n. 83,
89-92, 94 s.), Passaglia (p. 215, 342, 394: contenu de la conscience de
l'Eglise), Schrader (p. 290); Fr. A. STAUDENMAIER, Das Wesen der
kathol. Kirche, Freiburg, 1845, § 9, p. 45, « dieses lebendig sich fortset-
zende und fortzeugende ewig gleiche Bewusstsein der Kirche »; A. TAN-
NER, Ueber das katholische Traditions-und protestantische Schrift-Prin-
zip, Lucerne, 1862, p. 149 s.
22. Cf. 2 Cor, 3, 2; fér, 31, 33; S. THOMAS D'AQUIN, II II, q. 106,
a. 1; III, q. 42, a. 4, ad 2; In Hebr., c. 8, lect. 3, fin. Voir infra, Excur-
sus A: L'Evangile écrit dans les cœurs.
23. Voir CL. DILLENSCHNEIDER, Le Sens de la foi et le progrès dogma-
tique du mystère marial, Rome, 1954 (avec riche bibliographie). Möhler
et Passaglia ont aimé citer l'expression d'EUSÈBE: ExxληαιασтIXν
pрóvηua (H. E., V, 28, 6: S. Ch., t. 41, p. 75).
24. C'est le vocabulaire du P. J. DE GUIBERT, De Christi Ecclesia,
2e éd., Rome, 1928, n° 324. Cf. A. TANNER, op. cit., p. 86 s.; etc. Cette
distinction semble venir d'H. KILBER (Principia theologica, c. 2, a. I:
Würzburg, 1771, p. 92 s.), qui distinguait entre trad. inhaesiva, trad.
declarativa et trad. oralis: cette dernière n'avait pas pour contenu une
interprétation du texte scripturaire, mais l'affirmation d'une donnée
non contenue dans l'Écriture. C'est pourquoi, en reprenant cette clas-
sification, certains l'ont appelée trad. constitutiva (Passaglia, Franzelin :
cf. W. KASPER, op. cit., p. 318, 401). La distinction de Kilber est reprise
par Perrone et par Schrader.
CHAPITRE III
1. Ainsi disent S. IRÉNÉE, très souvent (par exemple A. H., I, 8, 1,
et III, praef.: P. G., 7, 520 s., 843), TERTULLIEN (Praescr., 37, I:
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