NOTES DU CH. III
mission rentrant dans les cadres annoncés par l'Écriture est nécessaire
pour l'annonce publique de la Parole, à moins que Dieu ne manifeste
l'inspiration de son messager par des miracles (cf. IV Sent., d. 19, q. 2,
a. 2, qª 2, ad 4; C. impugn., c. 4; Quodl. XII, a. 27; a. 28, ad 1; Com. in
Rom., c. 10, lect. 2; Sum. theol., Iª, q. 1, a. 2, ad 2; IIª II, q. 177, a. 2 c;
III, q. 71, a. 1): doctrine homologuée par les textes canoniques. Cf.
Z. ÁLSZEGHY, Die Theologie des Wortes Gottes der mittelalterl. Theologen,
dans Gregorianum, 39 (1958), p. 685-705 (p. 702-703).
88. III Sent., d. 24, a. I, sol. 1; De Verit., q. 14, a. 2 et 8; Sum.
theol., Iª, q. I, a. 8; IÏª IIª, q. 1, a. 1; q. 5, a. I et 3; In Joan., c. 4,
lect. 5, n. 2, etc.
89. « Formale objectum fidei est Veritas Prima secundum quod
manifestatur in Scripturis sacris et in doctrina Ecclesiae quae procedit
ex Veritate Prima » (IIª IIª, q. 5, a. 3 c.). « Omnibus articulis fidei
inhaeret fides propter unum medium, scilicet propter Veritatem Pri-
mam propositam nobis in Scripturis secundum doctrinam Ecclesiae
intelligentis sane » (ad 2; cf. De Caritate, a. 13, ad 6).
90. « Fides ex duabus partibus est a Deo, scilicet ex parte interioris
hominis quod inducit ad assensum et ea parte eorum quae exterius
proponuntur, quae ex divina revelatione initium sumpserunt » (In Boet.
de Trin., q. 3, a. 1, ad 4). « Ab ipsa virtute increata, sicut credimus ali-
qua quae nobis divinitus dicta sunt per ministros » (III Sent., d. 23,
q. 3, a. 3, sol. 1; cf. ad. 2). « Deum esse qui loquitur in eo qui fidem
annuntiat. » C'était une doctrine commune au XIIIe siècle (cf. R. AUBERT,
Le Problème de l'acte de foi..., Louvain, 1945, p. 732). Nous avons vu et
montré ailleurs en S. Anselme (cf. Spicilegium Beccense, Paris et Bec-
Hellouin, 1959, p. 371-399) et en S. François d'Assise (cf. Les Voies
du Dieu vivant, Paris, 1962, p. 247-264) comment la soumission totale
aux structures ecclésiastiques, loin de faire difficulté, s'inscrivait dans
l'absolu d'un idéal théonomique et se justifiait par lui.
91. La distinction faite par nombre de modernes (même par un
Newman! Voir J.-H. WALGRAVE, Newman. Le développement du dogme,
Tournai-Paris, 1957, p. 164, 173, 364) entre le sens moral comme sens
du bien aboutissant au jugement pratique (c'est bon, c'est mauvais) et
le sentiment d'obligation aboutissant au jugement de conscience (ce
que je dois aimer) n'est pas dans la ligne authentique de S. Thomas
(voir J. TONNEAU, dans Initiation théologique, Paris, t. III, 1952, p. 13-
36).
92. In IIam IIae, q. I, a. I, nos X et XII. Cf. q. 2, a. 6: « Nota duo.
Primo quod humana cognitio non est regula fidei, sed divina doctrina.
Ac per hoc, quamvis universalis Ecclesiae cognitio non possit errare,
non tamen ipsa est fidei regula, sed doctrina divina cui innititur. »>
93. Controverses, part. II, ch. III, art. 1: Œuvres, éd. Annecy, t. I,
p. 206 s. Voir notre Vraie et Fausse Réforme dans l'Église, Paris, 1950,
p. 492.
94. C'est par le biais de l'exercice de cette autorité pastorale juridic-
tionnelle que S. Thomas introduit la thèse du pouvoir pontifical en
matière de « dogmes ». C'est, dit-il, parce que l'Eglise universelle ne
peut errer que le pape qui, par institution divine, préside à son unité
et représente ou personnifie toute l'Église comme son chef, ne peut
errer quand il porte un jugement définitif sur une matière controver-
sée (IIa IIªe, q. 1, a. 10; C. Gent., IV, 76; Quodl. IX, a. 16). C'est donc
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