
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
à l'autorité publique du ministère, dont le pape occupe le degré suprême,
que S. Thomas rattache la valeur de règle seconde pour la foi, qui
revient au magistère comme sujet de la Tradition. Se reporter aussi à
E. H., p. 287, n. 84.
95. On peut noter à ce sujet que, déjà, réduire cette Tradition for-
melle au magistère comme le fait Billot, est risquer d'enlever à la Tra-
dition une bonne part de sa sève. C'est en effet risquer de la réduire
à son moment de loi doctrinale, de dogma, à « Denzinger »>. Or, le
magistère n'a pas tout exprimé et parfois même n'a rien dit de telle
ou telle réalité chrétienne très importante (par exemple: la liberté
chrétienne), ou il a réagi contre des erreurs sans exprimer les aspects
les plus profonds, spirituellement parlant, du sens catholique. Consta-
tant cela, le P. A. GARDEIL Soulignait la nécessité de chercher à « réin-
corporer (les vérités partielles ainsi définies) dans les assertions vives de
l'Evangile » (Le Donné révélé et la Théologie, 2e éd., Paris, 1932, p. 333).
96. Voir A. DUPRONT, Le Concile de Trente, dans Le Concile et les
conciles, Paris, 1960, p. 221 s. Mais il est juste de noter la part des
théologiens dans les exemples moins heureux donnés plus haut (bulle
Unam Sanctam, etc.).
97. L'histoire du professeur B. ALTANER en 1948-1950 le montre
(Zur Definibilität der Assumptio B. M. V., dans Theol. Rev. Critique
par J. TERNUS, Zum historisch. theologischer Tradition der Himmelfahrt
Mariens, dans Scholastik, 25 (1950), p. 321-360, et cf. E. H., p. 268,
297, n. 151).
98. Voir notre art. Théologie, dans D. T. C., XV, 466-471, et La
Foi et la théologie, Tournai-Paris, 1962, p. 140 s.
99. Sur ce problème, cf. E. H., p. 263 s., et l'exposé de Blondel,
au chapitre suivant.
100. On ne peut enseigner que ce qu'ont tenu les Pères, ne cesse de
dire S. Léon (cf. R. S. R., 1960, p. 167-170, et cf. E. H., p. 271-278).
Les conciles et les Pères se référaient soigneusement à la tradition objec-
tive, aux symboles reçus (P. CAMELOT, Le Magistère et les symboles,
dans Divinitas, 3 (1961), p. 607-622). Les Pères ont mis un lien étroit
entre Tradition et Succession apostolique; dans celle-ci, ils insistaient
sur le service et la charge de témoigner de la foi reçue et de trans-
mettre sans falsification la doctrine apostolique (cf. J. RATZINGER, Pri-
mat, Episkopat u. Successio Apostolica, dans Episkopat und Primat (Q.
Disp., 11), Freiburg, 1961, p. 37-59). Cf. 1er concile du Vatican, sess. III,
cap. 3 « Fide divina et catholica ea omnia credenda sunt, quae in
Verbo Dei scripto vel tradito continentur et ab Ecclesia in sollemni
judicio sive ordinario et universali magisterio tanquam divinitus reve-
lata credenda proponuntur » (D 1792).
IOI. On trouvera nombre de textes en ce sens dans FR. KROPAT-
SCHECK, Das Schriftprinzip d. Luther. Kirche. I. Die Urgesch. Das Erbe
des Mittelalters, Leipzig, 1904, p. 18 (Vaudois), 378-381 (Huss), 408 s.
(Jean Rucherat de Wesel, † 1481), 415, n. 2 (Wessel Gansfort, † 1489),
419, n. 3 (Jean Pupper de Goch, † 1475). Pour les Réformateurs,
cf. E. H., p. 200, n. 12, 221, 239-240 et 280, n. 19.
102. Voir les textes et références cités dans E. H., p. 280-281, n. 20;
ajouter H. RÜCKERT, Schrift, Tradition und Kirche, Lunebourg, 1951,
p. 14 s.; G. EBELING, Die Geschichtlichkeit der Kirche und ihrer Verkün-
digung als theolog. Problem, Tubingue, 1954, p. 38 s.; W. VON LOWE-
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