LA TRADITION ET LES TRADITIONS
Esprit donné à la communauté, L. S. THORNTON fait une remarque
analogue touchant la péricope Rm, 5, I-II, où revient aussi le mot « nous »
(The Common Life in the Body of Christ, Westminster, 1950, p. 92).
119. Une sorte de nouvelle Pentecôte marque la première entrée des
Gentils dans l'Église (Ac, 10, 41 s.; II, 15 s.; 15, 7 s.), leur pleine
agrégation personnelle se fait par l'imposition des mains pour le don
du Saint-Esprit (8, 15 s.; 19, 5 s.).
120. Voir L'Unité dans l'Église, § 3 (trad. A. DE LILIENFELD, Paris,
1938, p. 10 s.).
121. Rapprocher Rm, 8, 15-16 et 26 de Ga, 4, 6; cf. Rm, 9, 1. En
réalité, il y a un accord, une sorte de concélébration du Saint-Esprit
et de l'esprit des hommes fidèles (cf., au plan ecclésial, Jn, 15, 26-27
et notre étude Le Saint-Esprit et le Corps apostolique, dans Esquisses du
myst. de l'Église, 2º éd., Paris, 1953, p. 129-179).
122. Voir pour ceci J. MOUROUX, Le Mystère du temps. Approche
théologique (Théologie, 50), Paris, 1962, p. 16-33, au cours d'une étude
où il montre comment l'éternité telle que la Bible la conçoit met Dieu
au-dessus du temps, mais non sans rapport avec le temps, parce qu'il
est Dieu-pour-quelqu'un, Dieu-avec-quelqu'un.
Notons ici que cette opération du Saint-Esprit dans les fidèles ou
dans l'Église répond à l'existence de la Troisième Personne dans le
mystère de la vie divine. Dieu n'est pas voué à l'isolement ou à l'abso-
lutisme : il est Amour. Il existe en lui, dans son être même, une incli-
nation à donner, à communiquer du bien : pas une nécessité, certes,
mais une inclination, une possibilité intérieure ayant un caractère d'ap-
pel. Dieu tend à n'exister pas seulement pour lui-même et en lui-même,
mais aussi pour d'autres et en d'autres: il est Grâce, parce qu'il est
Amour. L'Esprit est, dans l'unité des Trois, le sceau de l'amour du
Père et du Fils, le lien de leur don mutuel. Il est en Dieu le terme
de la générosité interne de l'Etre divin. Mais si c'est ainsi à lui qu'elle
se termine au-dedans, c'est avec lui qu'elle commencera, si elle doit le
faire, de se communiquer au-dehors. C'est lui qui sera la Grâce si
l'inclination de l'Amour à être Grâce, librement, s'effectue en suscitant
d'autres existences créées. Si Dieu n'est pas seulement « Je suis », mais
« Je serai » (Ex., 3, 12 et 14), pas seulement « Je suis, j'étais », mais
« Je viens » (Ap., 1, 4) s'il n'existe pas seulement en soi-même, mais en
nous, ce sera par un mouvement, un envoi, dont le principe, dans la
générosité divine, est le Saint-Esprit. Ce rattachement des « missions >>
temporelles aux processions éternelles est nettement suggéré par S. THO-
MAS, Ia, q. 43.
123. Cf. chez Passaglia et Schrader, l'idée de l'autotradition du
Christ (cf. W. KASPER, op. cit., p. 284-308; voir aussi p. 295, n. 204).
124. Cf. concile d'Orange, c. 7 (D 180); concile du Vatican, sess. III,
cap. 3 (D 1791). Cf. pour la théologie thomiste de l'acte de foi, supra,
n. 89 et 90.
125. Renvoyons une fois de plus à E. H., p. 151-166, et rappelons
pour S. Irénée, TH. F. GERAETS, Apostolica Ecclesiae Traditio, dans
Bijdragen, 18 (1957), p. 1-18; pour S. Léon, A. LAURAS, dans R. S. R.,
1960, p. 175-176; pour S. Bonaventure, J. RATZINGER, Offenbarung,
Schrift und Ueberlieferung. Ein Text des hl. Bonaventura und seine
Bedeutung für die gegenwärtige Theologie, dans Trierer Theol. Zeitschr.,
67 (1958), p. 13-27 (Ï Sent., d. II, q. I concl. : « Cognitio hujus articuli
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