LA TRADITION ET LES TRADITIONS
il suggère des applications à la primauté et au culte des saints. On pour-
rait trouver d'autres applications, par exemple, dans notre connaissance
de l'institution de certains sacrements par le Christ. Nous avons déjà
proposé cet aspect de la Tradition comme réalité dans Vraie et Fausse
Réforme, Paris, 1950, p. 488 s., 501, voire dans Vie de l'Église et Cons-
cience de la catholicité, dans Bull. des Missions, sept. 1938 (reprod. dans
Esquisses du myst. de l'Église, Paris, 1941, p. 117-127). Voir, dans le même
sens, X., Pour une notion « réaliste » de la Tradition, dans Istina, 5
(1958), p. 129-132.
8. Chez S. Paul, chez S. Justin, les expressions traditio, tradere
s'appliquent particulièrement à l'eucharistie (B. REYNDERS, Paradosis...,
R. T. A. M., 5 (1933), p. 155-191: 168-169 et 171, n. 93).
9. Voir sur ce sujet L. BOUYER, dans M.-D., nº 10 (1947), p. 71 S.,
75, et Le Rite et l'homme... (Lex orandi, 32), Paris, 1962; P. DUPLOYÉ,
cité infra, p. 322, n. 6.
10. Cf. V. FUCHS, Weihesakramentale Grundlegung kirchlicher Rechts-
gewalt, dans Schol., 1941, p. 496-520; CH. JOURNET, L'Église du Verbe
incarné, t. I, Paris, 1941, p. 34 s., 601 s.; cf. W. MAURER, Bekenntnis u.
Sakrament..., Berlin, 1939.
II. Cf. Jn, 10, 36; 17 et notre Pentecôte, Paris, 1956, p. 120 S.
12. Il vaudrait la peine d'étudier l'image des Apôtres présentée par
la liturgie, par les Pères. Pour S. Thomas d'Aquin, cf. A. LEMONNYER,
Les Apôtres comme docteurs de la foi d'après S. Thomas, dans Mélanges
thomistes (Bibl. thomiste, 3), Le Saulchoir, 1923, p. 153-173; N. FALLI-
GAN, The Teaching of St. Thomas Aquinas in regard to the Apostles,
dans The American Eccles. Rev., 144 (janv. 1961), p. 32-47.
13. Parlant de la re-création de la vie religieuse dans le protestan-
tisme, Fr. Biot écrit : « La connaissance progressive de ce qu'on pour-
rait appeler le mystère de la vie religieuse et de ses exigences et condi-
tionnements concrets n'est apparu à la conscience des frères et des
sœurs qu'après plusieurs années de vie commune » (Signification ecclé-
siologique du renouveau cénobitique protestant, dans Istina, 1961-1962,
p. 223). Il fallait recréer les conditions de pénétration spirituelle sur la
base de l'expérience, que la tradition offre d'emblée là où elle existe.
14. Voir J. RATZINGER, Wesen und Weisen der Auctoritas in Werke
des hl. Bonaventura, dans Die Kirche und ihre Aemter (Festg. Kard.
Frings), Cologne, 1960, p. 58-72, à propos des mots non scripturaires
de la formule liturgique de la consécration eucharistique : l'Église suit
l'institution des Apôtres plus que le récit du texte évangélique.
15. Apud EUSEBE, H. E., IIÎ, 39, 4 (S. Ch., 31, Paris, 1952, p. 154).
Les fragments de Papias que nous possédons n'emploient pas le mot
παραδόσις.
16. MÖHLER, Athanase le Grand, trad. J. COHEN, Paris, 1840, t. I,
p. 324 s. Voir encore, id. op., t. I, p. 30 s. (S. Ignace), 85-86, 138-139,
161 s., 166, 169; t. II, p. 132, 147, et notre étude L'Esprit des Pères
d'après Möhler, dans V. S. Suppl., avril 1938, p. 1-25, reprod., dans
Esquisses du myst. de l'Eglise, Ire éd., Paris, 1941, p. 129-148 (cf. p. 135 s.,
et cf. p. 159 s.). Cf. G. BARDY, En lisant les Pères, 20 éd., 1933, p. 113.
17. Celles, par exemple, du P. A.-M. DUBARLE (Écriture et Tradi-
tion. A propos de publications protestantes récentes, dans Istina, 1956,
P. 399-416; 1957, p. 113-128), du P. L. BOUYER (Le Trône de la Sagesse,
Paris, 1957), de nous-même (dans Dieu vivant, nº 18, 1950, p. 107-112;
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