
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
comme le firent d'ailleurs les Réformateurs eux-mêmes, qui en étaient
nourris. Nous sommes en train de découvrir que, pour atteindre sa
profondeur réelle, le dialogue œcuménique ne doit pas seulement être
dans l'espace, mais aussi dans le temps. Tertullien, Origène ou Lac-
tance ne sont pas « parole d'Évangile », mais ils sont parole chrétienne
au moins au même titre que les œuvres des théologiens contemporains
que nous écoutons avec attention. »> Voir encore, plutôt pour les conciles
anciens que pour les Pères, M. THURIAN, L'Unité visible, p. 78-86 (« La
catholicité temporelle ») et, plutôt pour les Pères, A. BENOIT, cité supra,
ch. VI, n. 18).
38. Ainsi É. FLESSEMAN-VAN LEER, Tradition and Scripture in the
Early Church, Assen, 1954, p. 186. Parmi les premiers, H. STRATH-
MANN, Heilige Schrift u. Tradition und die Einheit der Kirche, dans
Theol. Blätter, 21 (1942), col. 33-46.
39. E. KINDER, dans Die Katholizität der Kirche, p. II.
40. Ainsi Regin PRENTER, Der Auftrag der evangelischen Kirche,
dans Evangelisch-luther. Kirchenzeitung, 14 (1960), p. 305-306. Cf.
G. GLOGE, Offenbarung und Ueberlieferung, dans Theol. Literaturzeitg.,
1954, col. 217; K. E. SKYDSGAARD, Kerygma u. Dogma, 1955, p. 169;
H. ENGELLAND, dans Theol. Literaturzeitg., col. 19.
41. E. FLESSEMAN-VAN LEER, op. cit., p. 195-196.
42. K. SCHMIDT-CLAUSEN, Les Courants catholicisants dans le pro-
testantisme allemand, dans Istina, 1960, p. 43-58 (p. 44).
43. Voir le début de l'article de K. E. SKYDSGAARD, dans Ker. u.
Dogma ou The Scott. J. of Th.; E. KINDER, dans Festg. O. Karrer et
dans Die Katholizität der Kirche, p. 11, 22 s.; H. ENGELLAND, art. cité;
W. STÄHLIN, Allein. Recht und Gefahr einer polemischen Formel, Stutt-
gart, 1950; H. RÜCKERT, Schrift, Tradition, Kirche, Lunebourg, 1951,
p. 22: « Der Katholizismus hat einfach recht, wenn er uns darauf
hinweist, dass in dem Dilemma «< Schrift » oder « Schrift und Tradi-
tion » eine falsche Alternative steckt. Denn erstens ist auch die Schrift
Tradition, und zweitens leben auch wir von nichtgeschriebener, wenigs-
tens nicht in der Bibel gescriebener Tradition. Auch Luther hat von
ihr gelebt. »
44. E. KINDER, dans Die Katholizität der Kirche, p. 34, 55-56;
K. E. SKYDSGAARD, Interim-Report Commission Faith & Order, août
1960, p. 16-17 (dactylographié).
45. M. THURIAN, op. cit., p. 10-II.
46. Quelques mots en ce sens dans R. P. C. HANSON, The Church
and Tradition in the Pre-Nicene Fathers, dans The Scottish Journal of
Theol., 12 (1959), p. 21-31; J.-C. MARGOT, Les Épîtres de Pierre, Genève
et Paris, 1960, p. 109; voire dans R. MEHL, Du catholicisme romain
(Cahiers théol., 40), Neuchâtel-Paris, 1957, p. 35-36.
47. Les déclarations favorables à une tradition exégétique sont très
nombreuses. Voir par exemple F. CHR. BAUR, Der Gegensatz des Katho-
lizismus u. Protestantismus, Tubingue, 1834, p. 341-342; K. BARTH,
dans P. LENGSFELD, op. cit., p. 180 s.; G. EBELING et H. ENGELLAND,
ét. citées; J. ELLUL, Signification actuelle de la Réforme, dans Protes-
tantisme français, Paris, 1945, p. 178 (« Bien au contraire, la Tradition
est bonne et utile lorsqu'elle est remise à sa vraie place et examinée à
la lumière de la révélation biblique, et le témoignage des Pères et des
Martyrs peut servir de confirmation à la vérité de Dieu pour autant
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