NOTES DU CH. VII
l'Église (cf. The Nature of the Church, 1945, p. 15-16). Voir aussi
M. RAMSEY, archevêque de Cantorbery, The Healing of our divisions,
1947, p. 4. Mais citons surtout ces paroles de l'évêque anglican en
Afrique du Sud, N. S. TALBOT, lors de la discussion générale de la
Conférence d'Edimbourg (Foi et Constitution. Actes officiels de la
Deuxième Conf. univ. Edimbourg, 3-18 août 1937, Paris, 1939, p. 84):
« Je voudrais bien être au clair sur le problème de l'Église créée par la
Parole de Dieu. En lisant le gros volume sur le Ministère et les Sacre-
ments, et plus spécialement les contributions luthériennes, je me pre-
nais dire: « Voilà quelque chose qui a pour eux beaucoup de sens et
<< d'importance; mais, quant à moi, sous cette forme, je ne le comprends
« pas. » Ce n'est peut-être qu'un exemple de l'insoluble problème de
ce qui est venu en premier lieu : le poussin ou l'œuf. Il se peut, pour
finir, que nous tournions dans un cercle. Si vous dites que l'Église est
créée par la Parole, cela paraît suggérer que la Parole de Dieu a une
existence séparée de l'Église et que l'Église n'est à la Parole qu'une suite
ou un appendice. C'était une position courante quand les saintes Écri-
tures étaient considérées comme la Parole de Dieu par excellence, tandis
que la Parole de Dieu était indépendante de l'Église. La Parole de Dieu
était semblable à un météore tombant tout droit des cieux. Cette décla-
ration : « L'Église est créée par la Parole de Dieu » veut-elle dire que
la Parole de Dieu a une sorte d'indépendance propre, à part de l'Église?
Car voici la difficulté que j'éprouve : si l'Église n'avait pas existé, la
Parole n'aurait jamais été prêchée; si l'Eglise n'avait pas été donnée par
Dieu, on n'aurait jamais entendu parler de notre Seigneur. Ce dont
l'Église témoigne n'aurait jamais atteint le monde, si ce n'est par le
témoignage de l'Église. Pour mettre la chose autrement, quelle est la
relation de cette affirmation (l'Église est créée par la Parole de Dieu) à
celle des épîtres pastorales : l'Église est la colonne et le fondement de la
vérité? Comme je l'ai dit, il se peut que la pensée tourne dans un cercle;
mais il me semble qu'il y a lieu d'insister sur la priorité de l'Église par
rapport à l'Évangile qui n'aurait jamais été donné au monde s'il n'y
avait pas eu l'Église » (cf. supra, n. 14).
65. Position bien connue de M.-O. CULLMANN, partagée par de très
nombreux théologiens protestants: «La théologie catholique, pour
combattre la thèse protestante de la supériorité de l'Écriture, souligne
beaucoup l'antériorité de la Tradition par rapport à l'Écriture. Cette
antériorité est un fait que nul ne songe à nier, à condition toutefois de
préciser qu'il s'agit de l'antériorité de la Tradition apostolique » (La
Tradition, p. 41). Aussi « le fait de la priorité de la tradition apostolique
orale par rapport à sa fixation écrite ne prouvera rien pour la Tradition
«< tout court »... » (p. 42).
66. E. FLESSEMAN-VAN LEER, The Controversy about Scripture and
Tradition between Thomas More and William Tyndale, dans Nederlands
Archief voor Kerkelijke Geschiedenis, N. S. 43 (1959), p. 143-164.
67. Vraie et Fausse Réforme dans l'Église, p. 422 s.
68. Les plus beaux textes sont ceux de Luther: voir notre Vraie et
Fausse Réforme dans l'Église, p. 422-423 et p. 424, n. 132, p. 504-505.
LUTHER, Von den Konziliis und Kirchen, 3º partie (W., 50, p. 629-630).
Cf. CALVIN, Lettre à Sadolet (éd. Je sers, dans Trois Traités, p. 50).
69. HERMAS, Past., Simil. IX, 15, 4 S.; ORIGÈNE, C. Celsum, VI, 77
(KOTSCHAU, Orig. Werke, II, p. 147); S. AUGUSTIN : « Praedicaverunt
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