
LA TRADITION ET LES TRADITIONS
16. Voir E. H., p. 129 s.
17. Nous manquons d'une étude historique d'ensemble sur la crité-
riologie théologique aux XIIIe et XIVe siècles: classification et hiérarchi-
sation des propositions doctrinales, notes théologiques, positives et
négatives, etc. Il serait intéressant de comparer les catégories et le voca-
bulaire de S. Thomas d'Aquin d'un côté, de Guillaume d'Occam de
l'autre. S. Thomas donnait son attention principale au contenu (quod;
objet formel quod) de la Foi. Appartenait, selon lui, en raison même
de son contenu, secundum se, à titre immédiat et premier, principaliter,
ce qui, de par son contenu intrinsèque, a rapport direct à la vie éter-
nelle, c'est-à-dire à notre fin divine. Par contre, d'autres affirmations
ne relèvent de la Révélation et de la Foi qu'en raison de leur rapport
(extrinsèque) aux vérités précédentes. Elles relèvent de la Foi « per
accidens et secundario ». La sainte Écriture contient nombre de tels
énoncés: tous ceux qui apportent de purs éléments de fait, accidentels
par rapport aux « per quae ducimur ad vitam aeternam » (voir IIa IIae,
q. I, a. 6, ad I et a. 8; q. 2, a. 5 cet a. 7; cf. Ia, q. 32, a. 4). Il n'y a pas
coïncidence absolue entre les catégories d'Occam et celles de S. Tho-
mas. Il existe même, entre nos deux auteurs, une notable différence de
climat. L'intérêt ne porte pas exactement sur les mêmes choses. Chez
S. Thomas, l'accent est mis sur le contenu intrinsèque des vérités,
considéré dans son rapport avec cette certaine réalité qu'est la vie éter-
nelle selon le plan de salut de Dieu. Chez Occam, il est mis sur ce
qu'on est tenu de croire, ce en quoi il n'est pas loisible de prendre sa
liberté.
18. Opera omnia, éd. Ellies DU PIN, Anvers, 1706, t. I, p. 22-28.
19. Cf. G. THILS, Le « Tractatus de Ecclesia» de Jean de Raguse,
dans Angelicum, 17 (1940), p. 219-244 (p. 235).
20. Institution de 1541, ch. 15 (éd. Coll. Budé, t. IV, p. 171). Le
texte latin de 1559, qui est de Calvin lui-même, porte également :
<< Nos si demus illud primum errare non possee ecclesiam in rebus ad
salutem necessariis... » (IV, 8, 13: C. R., 30: Opera Calvini, II,
855); de même la version française de ce texte, 1560 (Opera, IV, 736).
Faut-il voir une intention dans le fait que, dans ces textes plus tardifs,
la précision de l'inerrance ès choses nécessaires à salut n'est plus don-
née à propos de la thèse des papistes, mais seulement là où Calvin
précise ce qu'il admet, lui, à ce sujet?
21. Examen..., dans Opera omnia, Ingolstadt, 1543, f. 101-139. Cf.
H. KLOMPS, Kirche, Freiheit und Gesetz bei dem Franziskanertheologen
Kaspar Schatzgeyer (Reformationsgeschichtl. Studien u. Texte, 84),
Munster, 1959, p. 103-104 et 135, où, en n. 100, est cité ce texte :
« Scriptura quidem sacra sufficienter tradit in agibilibus necessaria ad
salutem... » (Cf. aussi G. H. TAVARD, Holy Writ, p. 174 bas.)
22. Antilutherus, fol. XXIX v, cf. G. H. TAVARD, op. cit., p. 160.
23. De Ecclesiasticis scripturis et dogmatibus, lib. IV, c. 6, éd. Louvain,
1556, fol. 265 B (dans E. H., p. 148, nous avons dit, par erreur: 1550).
Driedo y revient souvent ailleurs.
24. C. T., V/2, p. 18.
25. Résumant le débat, MASSARELLI écrivait, dans son Diarium, en
date du 26 février 1546: « Frustra, inquit (D. Clodiensis), nos modo
quaerere traditiones per manus verbo et observantia communis eccle-
siae ad nos deventas, cum habeamus evangelium, in quo omnia quae
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