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divine volonte

Créée le samedi 21 décembre 2024


Il s'agit d'une interprétation théologique et spirituelle discutable basée sur les écrits de Luisa Piccarreta, une "mystique" du début du XXième siècle.


Cette spiritualité et cette théologie sont soutenues de façon une peu téméraire par certains prêtres et théologiens alors que l'Eglise a appelé à la prudence à plusieurs reprises. Si l'on compare les choses avec la Divine Miséricorde, on peut voir que lorsque les choses sont réellement d'origine divine, le Magistère sait tout à fait le reconnaître. Mais dans le cas de la divine volonté, une réserve réelle doit être de mise au vu des positions successives du Magistère.


Un historique chargé


Les réserves sont :




Tous les Groupes de la Divine Volonté devront se référer à cette édition pour corriger les formes nuisibles de spiritualité qui se sont répandues en raison d’une lecture déformée des écrits de la Servante de Dieu."




D'autre part, ces différents rebondissements surviennent dans un contexte particuliers dans lequel le préfet pour la Doctrine de la foi a été nommé avec :


"« Le Dicastère que vous allez présider a connu d’autres époques où il a utilisé des méthodes immorales. Il s’agissait d’époques où, au lieu de promouvoir la connaissance théologique, on poursuivait d’éventuelles erreurs doctrinales. Ce que j’attends de vous est certes très différent. » "
https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2023/07/01/0487/01090.html#LETTERA


Le cardinal responsable de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a lui-même une vision des liens entre les aspects mystiques et la sexualité qui sont très particuliers : https://en.wikipedia.org/wiki/V%C3%ADctor_Manuel_Fern%C3%A1ndez


C'est le même cardinal et la même congrégation pour la Doctrine de la Foi qui a fait passer l'aval sur la bénédiction des couples homosexuels : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html


https://en.wikipedia.org/wiki/V%C3%ADctor_Manuel_Fern%C3%A1ndez


Actuellement, cette "spiritualité" reçoit un large écho sur le web et les réseaux sociaux et il faut faire attention à de tels engouements sur les questions théologiques, surtout lorsque cela se passe sur un terrain théologique assez peu développé à la base parmi les fidèles.


De nombreux problèmes théologiques


Certaines affirmations théologiques posent problème notamment :



tu découvriras combien J'y vis de souffrances.
Regarde bien ma petite tête entourée d'une couronne d'épines (I, p.170)
« Cette couronne d'épines, mon enfant,
n'est autre qu'une couronne cruelle que les créatures tressent pour Moi
- avec les pensées mauvaises qui remplissent leur esprit.
Oh ! comme ces pensées Me transpercent cruellement
- un long couronnement de neuf mois !


=> Cela ne colle pas avec le fait que Marie soit Immaculée Conception, qu'elle soit le lieu qui accueille avec amour l'enfant Jésus, le façonne. Idem : Vois-tu la sombre prison dans laquelle l'Amour m'a conduit ?
voir : https://sosdiscernement.org/e-books/sosd_22_piccarreta.pdf


http://sosdiscernement.org/e-books/sosd_23_florilege.pdf (Père Auzenet)


Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, Docteur de l'Eglise, dira tout au contraire : "Je comprends que ton âme, ô Vierge Immaculée
Soit plus chère au Seigneur que le divin séjour
Je comprends que ton âme, Humble et Douce Vallée
Peut contenir Jésus, l'Océan de l'Amour !..."
Poème "Pourquoi je t'aime, ô Marie !" https://archives.carmeldelisieux.fr/archive/pn-54/



mutuellement, Nous aurons même une compétition pour savoir qui peut
endurer le plus de souffrance. "


"Qui pourrait dire ce qui se produisit alors entre Jésus et moi:
- les marques d'amour exquises, les ruses, les doux baisers,
- les caresses que nous nous donnions l'un à l'autre.
Mon Jésus bien-aimé me surpassa dans ce jeu
Car, de mon côté, je défaillais, ne pouvant contenir tout ce qu'Il me donnait"


Il me répondit:
«Laisse-Moi boire le lait de tes seins car, ainsi, tu pourras Me remplir de
douceur.»
À l'instant même, Il s'est couché dans mes bras et s'est mis à téter.
Alors j'eus peur que ce ne soit pas l'Enfant Jésus mais le démon.
J'ai donc posé mes mains sur son front et j'ai fait le signe de la croix.
Jésus m'a regardé tout joyeux et, pendant qu'Il continuait à téter, Il souriait et
ses yeux pétillants semblaient me dire: « Je ne suis pas un démon, Je ne suis
pas un démon ! »
T2 p.49 cité in https://sosdiscernement.org/e-books/sosd_23_florilege.pdf


Mais Lui, au lieu de me répondre, s'approcha et mit sa langue dans ma
bouche, de sorte que je ne pouvais plus parler.
Je ne pus que sucer quelque chose sans savoir ce que c'était.
Quand Il retira sa langue, j'ai eu à peine le temps de Lui dire:
« Seigneur, reviens tout de suite, qui sait quand Tu reviendras? » (IX, p.5)


Ainsi tu me donneras une domination absolue sur toi,
de telle manière que si Je veux
- te caresser ou t'étreindre, ou te remplir de charismes, de baisers ou d'amour
- ou même te battre, te faire de la peine, t'infliger des punitions
Je le pourrai. (I, p.116)


Des histoires incroyables, quasi-moquerie du mystère de la Croix :

Quand Il commença à clouer mon autre main, le bras de la croix s'avéra trop
court, alors qu'avant il était de la bonne longueur.
Alors Jésus enleva le clou déjà enfoncé et dit :
« Mon épouse, nous devons trouver une autre croix.
Repose-toi et rafraîchis-toi. »
Je suis incapable de décrire la mortification que j'ai ressentie à ce moment.
Ainsi donc, je n'étais pas digne de cette souffrance !
Ces blagues furent répétées plusieurs fois. Quand les bras de la croix furent
appropriés, la longueur de la croix ne l'était pas.
À une autre occasion, pour que Jésus n'ait pas à me crucifier,
quelque chose manquait pour ma crucifixion.
Jésus trouvait toujours quelque prétexte pour la reporter à une autre fois.
Oh ! quelle amertume mon âme expérimentait de ces conflits répétés avec mon
Jésus. Plusieurs fois, j'étais justifiée de me plaindre à Lui, parce qu'Il me
refusait la vraie souffrance (I, p.144)


Des confusions bizarres :


La dernière fois qu'Il est venu, Il s'est montré crucifié.
Je me suis placée près de lui pour baiser ses plaies très saintes,
- faisant des actes d'adoration.
Soudain, au lieu de voir Jésus, c'est ma propre forme que j'ai aperçue.
J'étais très surprise et j'ai dit:
«Seigneur, qu'est-ce qui se passe? Suis-je en train de m'adorer moi-même?
Je ne peux pas faire ça!»
Alors Il est revenu à sa propre forme et m'a dit:
«Ne sois pas surprise si J'ai emprunté ta forme.
Puisque Je souffre continuellement en toi,
qu'y a-t-il d'étonnant que J'aie emprunté ta physionomie?
D'ailleurs, si Je te fais souffrir, n'est-ce pas pour faire de toi une image de
Moi?» (II, p.78)


"Bien que Je ne t'aie pas exemptée du péché originel
comme Je l'ai fait pour ma chère Mère,
J'ai fait en toi un miracle de grâces jamais accordé à aucun autre,
- en enlevant de toi le germe de la corruption. (XV, 78)


C'est vrai que communier est une grande chose.
Mais combien de temps dure l'union étroite entre l'âme et Moi?
Un quart d'heure tout au plus." (VIII, p.39)


Oh! oui! Je te le confirme, ma Volonté est un Sacrement
qui surpasse tous les sacrements institutionnels ensemble (XII, 157)


"Cela correspond au fait
- qu'il n'y a en Moi aucune matière,
- mais que tout en Moi est très pur Esprit.
Si, dans mon Humanité, Je me suis revêtu de matière, c'était seulement
- pour, qu'en tout, Je ressemble à un homme et
- pour que Je sois pour l'homme un modèle parfait
de spiritualisation de la matière. (III, p.92)


"« Tout ce qui est de la terre doit être rejeté. Tout ! Tout !
Et pas seulement de ton cœur, mais aussi de ton corps.
Tu ne sais pas comment peut être nuisible la moindre ombre de la terre.
C'est un fort empêchement à mon Amour. » (I, p.111)
"

"Tu es vraiment malin, Ô Jésus, sais-Tu cela?
De quoi es-Tu malin, petit Malin?
De l'Amour, de donner l'Amour.
En vue de recevoir de l'Amour, tu en arrives à être malin."


NOte : dans les écrits, on a effectivement l'impression d'un Jésus qui "joue " à être Jésus mais qui n'est pas Jésus. Tout semble vrai, juste, du moins si on n'est pas rigoureux... mais en fait, tout est factice, pâle imitation, mais qui, si on l'adopte, fait quitter la vraie foi.


Je renouvellerai ta consécration.
Et Je continuerai de vivre en toi comme dans une Hostie vivante,
- pas une hostie morte comme les hosties où Je ne suis pas.
Et ce n'est pas tout.
Dans les hosties qui sont dans les ciboires, dans les tabernacles,
tout est mort, muet.
Il ne s'y trouve pas la sensibilité
- d'un battement de cœur, d'un élan d'amour.
Si ce n'était du fait que J'y attends les cœurs pour Me donner à eux,
- j'y serais très malheureux.
- mon Amour serait frustré,
- ma Vie sacramentelle serait sans but.
Si Je tolère cela dans les tabernacles,
Je ne le tolère pas chez les Hosties vivantes. (XI, 122)


Pour les âmes qui La vivront, Je n’aurai pas besoin
- de prêtres pour Me consacrer, ni d’églises,
- ni de tabernacles, ni d’hosties.
Parce que ces âmes seront tout ensemble
- prêtres, tabernacles et hosties
Mon amour sera plus libre.
Quand Je voudrai Me consacrer, Je pourrai le faire
- à tout moment,
- jour et nuit, et
- partout où ces âmes se trouveront.
Oh! comme mon Amour trouvera son complet déversement! (XII, 38)


«Hélas! ma fille,
quand Je permets que les églises soient désertes,
les ministres dispersés et les messes en diminution,
cela signifie que
- les sacrifices sont des offenses pour Moi,
- les prières des insultes,
- les adorations des irrévérences,
- les confessions des passe-temps sans fruits.
Ne trouvant plus ma Gloire mais plutôt des offenses
en retour des bénédictions que Je donne,
J’arrête ces dernières.
Ces départs de mes ministres indiquent aussi
- que les choses ont atteint leur point culminant.
Les châtiments seront multipliés.
Comme l’homme est dur, comme l’homme est dur !» (XII, 47)


"Aussi, mon Amour ne peut attendre que le prêtre juge convenable
- de me donner à elles par le moyen de l’hostie sacramentelle.
Je fais tout Moi-même.
Oh! que de fois Je Me donne en communion
avant que le prêtre trouve que c’est le temps de Me donner à ces âmes!
S’il n’en était pas ainsi,
mon Amour resterait comme enchaîné par les sacrements.
Non, non, Je suis libre!
J’ai les sacrements dans mon Cœur.
J’en suis le propriétaire et Je peux les exercer quand Je veux. (XII, 62)


"«Ma fille, la croix est sacrement.
Chacun des sacrements produit ses effets spéciaux :
- celui-ci enlève le péché,
- celui-là confère la grâce,
- celui-ci unit à Dieu,
- celui-là donne la force,
et beaucoup d'autres effets.
Seule la croix unit tous ces effets ensemble"


Note : Que la Croix soit la source de tous les sacrements, oui. Disons que c'est ambigu comme expression.


"En souffrant, en faisant des réparations, etc., elle forme des Hosties
- pour Me donner la communion et
- pour que Je puisse Me nourrir d’une manière divine, digne de Moi.
Aussitôt que Je vois les Hosties formées en elle, Je vais les prendre
- pour M’en nourrir et
- pour satisfaire ma faim insatiable,
ma faim de recevoir amour pour Amour des créatures (XII, 102)"


"«Ma fille, s'il te plaît, sois consolée.
Je veux te dire et te faire voir où est ta mère.
Avant et après que Je l'aie prise avec Moi, tu m'as offert en sa faveur
- tout ce que J’ai mérité et souffert au cours de ma Vie.
En conséquence, dans l'étape où elle se trouve actuellement,
- elle prend part à tout ce que mon Humanité fit et savoura.
Néanmoins, ma Divinité lui est encore cachée,
mais Elle lui sera bientôt révélée.
Le feu que tu as souffert et tes prières ont servi à libérer ta mère
de maintes douleurs des sens qui sont le lot de chacun. »
À ce moment,
il me sembla que je voyais maman à l'intérieur d'un immense espace.
Dans cet espace, il y avait des joies et des délices correspondant
à tous les mots, les pensées, les regards, les travaux, les souffrances,
les battements de coeur, etc. de la très sainte Humanité de Jésus.
J'ai aussi compris
- que cette sainte Humanité est un paradis intermédiaire pour les
bienheureux
et
- que chacun, pour entrer dans le paradis de sa Divinité,
doit en premier passer par le paradis de son Humanité.
D'autre part, cela a été pour ma mère un privilège très singulier, réservé
seulement à quelques-uns qui n'ont pas à expérimenter le purgatoire."


tes images, ne veux-Tu pas avoir compassion d'elles?»
Jésus répondit: «Non, non, Je ne veux pas aller.
Elles se sont corrompues par leur propre volonté.
Je permettrai que ce qui sert à leur nourriture serve à les infecter.
Toi, si tu veux aller pour les aider, les réconforter, faire quelque chose,
vas-y. Moi, non ! »"
=> Complètement faux spirituellement parlant.




« Mon enfant, si J'avais médité sur ce que l'homme ferait de mon Humanité,
Je n'aurais jamais accompli la Rédemption du genre humain ». (I, p.73)



Quand Je voudrai appliquer ma Justice en envoyant sur eux des fléaux,
te trouvant au milieu,
- tu seras frappée,
- mais eux seront épargnés."
(I, p.80)


J'ai besoin de toi pour continuer ma Passion.
Puisque mon corps glorieux ne peut plus souffrir,
Je me sers de ton corps
- pour continuer à souffrir ma Passion et
- pour pouvoir m’offrir comme une vivante victime
de réparation et d'expiation devant la Justice divine.» (II, p.66)



Certains points pratiques posent problème :




En conclusion

On est face à une spiritualité problématique de plusieurs points de vue cruciaux théologiquement parlant et lorsqu'on lit citations ou enseignement, on a le sentiment quasiment d'une "théologie alternative" ou d'une "religion alternative". Bref, on ne "reconnaît pas la voix du Maître" et l'esprit de la Tradition Sacrée.


Les débats deviennent très vite chronophages autour de ce sujet, faisant perdre la paix de l'Esprit Saint dans le ton des échanges et les manières d'être, ce qui n'est pas de très bon augure. En résumé, on pourrait dire qu'on a le choix entre un chemin scabreux (la "divine volonté" et les écrits de Luisa Picaretta) et de nombreux chemins sûrs et sans problèmes que constituent une bonne 20aine de Pères de l'Eglise, une presque 40aine de Docteurs de l'Eglise, de nombreux saints avec de grands mystiques tels que Padre Pio, ou bien encore le Catéchisme de l'Eglise Catholique. Donc à choisir entre marcher au "bord du ravin" de l'hérésie et la sûreté d'un chemin balisé dans les verts patûrages, je pense que les choses sont claires. Si un jour Luisa Picaretta reçoit un jugement favorable, il sera tojours temps de s'y intéresser, mais même dans ce cas, elle ne sera qu'une voie parmi toutes les autres. Seul le Seigneur est La Voie véritable. Et toute la Révélation est déjà contenue en Christ : rien de radicalement nouveau n'est à attendre d'une autre Révélation. Toute affirmation contraire est de facto hérétique.


Quoiqu'il en soit, AUCUNE apparition privée n'ajoute quelque chose à la Révélation existante.


On quasiment le sentiment d'une théologie parallèle, qui semble juste à 80% mais glisse soudain vers le n'importe quoi ou l'hérésie. Il y a de plus une sensation bizarre qui est de ne pas être en terrain connu : c'est comme une "fake-théologie". C'est très subtil !


Je pense que c'est le Père Auzenet qui fait le bon diagnostic :


"Les inversions constantes, les aspects délirants, les hérésies doctrinales… Mais
aussi la façon extrêmement habile de tresser constamment ensemble : vérité — semi-
vérité — mensonge — torsion — inversion — hérésie… tout cela témoigne d’une
intelligence maligne supérieure dont l’objectif est de provoquer la désorientation du
lecteur, par l’appât de la nouveauté.


On repère le fruit du travail du démon à la présence des niveaux de gris : la vérité
mélangée à l’erreur. Si certains passages, mis en avant par les adeptes de Luisa
Piccarreta, peuvent sembler justes, ceux que nous avons souhaité mettre en lumière
dans ce florilège sont tellement problématiques qu’ils ne peuvent que jeter une
réelle suspicion sur l’inspiration de ces écrits."


fin du https://sosdiscernement.org/e-books/sosd_23_florilege.pdf