Créée le lundi 04 mai 2026
Livre des Actes des Apôtres 8,5-8.14-17.
En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient.
Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris.
Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean.
À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ;
en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.
Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20.
R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! (Ps 65, 1)
Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »
Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.
Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.
Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu
qui n'a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !
Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,15-18.
Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ;
mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ.
Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal.
Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,15-21.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire de la Tradition (Pères, Docteurs, Saints)
Homélie de saint Jean Chrysostome (+ 407)
Homélie 75, 1; PG 59, 403-405.
L'envoi de l'autre Défenseur
Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements (Jn 14,15-18). Je vous ai donné ce commandement de vous aimer les uns les autres, de pratiquer entre vous ce que moi-même ai fait pour vous. C'est cela l'amour: obéir à ces commandements, et ressembler à celui que vous aimez. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. Nouvelle parole, pleine de délicatesse. Parce que les disciples ne connaissaient pas encore le Christ d'une manière parfaite, on pouvait penser qu'ils regretteraient vivement sa société, ses entretiens, sa présence selon la chair, et que rien ne pourrait les consoler de son départ. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur, c'est-à-dire: un autre tel que moi. <>
C'est quand le Christ les eut purifiés par son sacrifice que l'Esprit Saint descendit en eux. pourquoi n'est-il pas venu pendant que Jésus était avec eux? Parce que le sacrifice n'avait pas été offert. C'est seulement lorsque le péché eut été enlevé et que les disciples furent envoyés affronter les périls du combat, qu'il leur fallut un entraîneur. Mais alors, pourquoi l'Esprit n'est-il pas venu aussitôt après la résurrection? Afin qu'ayant un plus vif désir de le recevoir, ils l'accueillent avec une plus grande reconnaissance. Tandis que le Christ était avec eux, ils n'étaient pas affligés; lorsqu'il fut parti, leur solitude les plongea dans une crainte profonde; ils allaient donc accueillir l'Esprit avec beaucoup d'ardeur.
Il sera pour toujours avec vous. Cela signifie clairement qu/il ne vous quittera jamais. Il ne fallait pas qu'en entendant parler d'un Défenseur, ils imaginent une seconde incarnation et espèrent la voir de leurs yeux. Il rectifie donc leur pensée en disant: Le monde est incapable de le recevoir parce qu'il ne le voit pas. Car il ne sera pas avec vous de la même manière que moi, mais c'est dans vos âmes qu'il habitera, comme le signifient ces paroles: Il est en vous. Et il l'appelle l'Esprit de vérité parce qu'il leur fera connaître le vrai sens des préfigurations de la Loi ancienne.
Il sera pour toujours avec vous. Qu'est-ce que cela veut dire? Ce qu'il dit de lui-même: Voici que je suis avec vous. Mais d'une façon différente, et il insinue que le Défenseur ne souffrira pas comme le Christ, et que lui ne vous quittera pas. Le monde est incapable de le recevoir parce qu'il ne le voit pas. Quoi donc? Serait-il visible pour les autres? Nullement. Il parle ici de la connaissance par l'esprit, puisqu'il ajoute aussitôt: Et ne le connaît pas. Nous savons qu'il emploie le mot "voir" au sens de connaissance très claire. Par "le monde" il entend ici les méchants, et c'est là un réconfort pour les disciples, que leur soit accordé un don de choix. <>
Il annonce un Défenseur autre que lui; il affirme que ce Défenseur ne les quittera pas; il ajoute qu'il viendra uniquement pour eux, comme le Christ lui-même est venu. Il déclare enfin qu'il va demeurer en eux, mais ce n'est pas ainsi qu'il dissipe leur chagrin, car c'est lui qu'ils veulent, c'est sa compagnie. Et il dit pour les apaiser : Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
Ne craignez pas, dit-il. Si j'ai promis d'envoyer un autre Défenseur, ce n'est pas que je veuille vous abandonner pour toujours. En disant : Pour qu'il soit toujours avec vous, ce n'est pas en ce sens que je ne vous verrai plus. Car, moi aussi, je reviens vers vous, je ne vous laisserai pas orphelins.
Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)
moine grec
Hymnes 55, SC 196 (Hymnes III ; trad. J. Paramelle et L. Neyrand, éd du Cerf, 2003 ; p. 265-267 ; rev.)
« Vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous »
« Moi, [dit Dieu] je suis éloigné de toutes les créatures, mais quand je suis devenu créature, moi le Créateur de tout, par la chair, je me suis contenté de devenir semblable aux hommes, assumant une âme et une intelligence semblable aux leurs ; mais je ne les ai pas tous, du même coup, à ce moment, rendus dieux, eux les hommes : c’est moi qui suis devenu homme, de mon côté, et c’est par la foi, par l’observation de mes commandements, ainsi que par le baptême, dans la divine communion à mes redoutables mystères, qu’à tous j’accorde la vie. Et quand je dis : la vie, je désigne mon Esprit divin.
Toutefois qu’ils sachent cela, comme l’a dit Paul : ceux qui possèdent mon Esprit dans leur cœur, ils le possèdent qui brille et qui crie vers mon Père, et par eux il me dit : Oh, abba ! mon Père ! Car ils sont devenus enfants de Dieu, et, avec confiance ils me reconnaissent, me regardent et m’appellent Père (cf. Rm 8,15-16 ; Gal 4, 6), et Lui, dit à chacun de ceux qui le possèdent actuellement en eux-mêmes, en toute vérité : Ne craignez pas, mes enfants ! c’est moi ! Vous le voyez, je suis au-dedans de vous, avec vous, et, de la corruption et de la mort, une fois pour toutes, je vous libère et vous fait voir de qui je vous ai fait devenir, vous, oui, les enfants et les amis ! Réjouissez-vous dans le Seigneur ! » (…)
‒ Tout cela est digne de foi, ô mon Christ, digne d’amour. À ceux que tu as connu d’avance, bien connus, ceux à qui tu as donné de devenir conformes à ton image dans l’Esprit divin, tout cela est à leur portée, parce qu’ils ont été appelés par toi-même à la joie ineffable pour les siècles.
COMMENTAIRE DE SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE SUR LA SECONDE LETTRE AUX CORINTHIENS
Lecture patristique de l'OL du jour : 6eme Dimanche de Pâques année A
« Si quelqu'un est dans le Christ, il est une créature nouvelle »
Ceux qui possèdent les premiers dons du Saint-Esprit et l'espérance de la résurrection considèrent qu'ils possèdent déjà ce qu'ils attendent, et ils disent : Désormais nous ne connaissons plus personne selon la chair. Nous sommes tous des spirituels, étrangers à la corruption de la chair. En effet, illuminés par le Fils unique, nous sommes transformés en ce Verbe qui donne la vie à tous les êtres. Si nous étions captifs des liens de la mort quand le péché régnait sur nous, maintenant que nous sommes introduits dans la justice du Christ, nous avons rejeté la corruption.
Ainsi, personne n'est plus dans la chair, c'est-à-dire dans sa condition de faiblesse, car c'est ainsi qu'on doit comprendre la corruption, parmi bien d'autres attributs de la chair, et saint Paul ajoute : Car, si nous avons connu le Christ de cette manière charnelle, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. C'est comme s'il voulait dire : Le Verbe s'est fait chair, il a établi sa demeure parmi nous ; pour notre vie à tous, il a subi la mort selon la chair, et c'est ainsi que nous l'avons connu, mais maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Même s'il est encore dans la chair, puisqu'il est redevenu vivant le troisième jour et qu'il se trouve dans le ciel auprès du Père, on comprend qu'il est au-dessus de la chair : mort une fois pour toutes, il ne mourra plus, sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir. Car il est mort, et c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes. Lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.
Donc, si telle est la situation du chef qui nous conduit à la vie, il faut absolument que nous suivions ses traces et qu'on nous voie vivre non pas tellement dans la chair qu'au-dessus de la chair. Saint Paul a eu tout à fait raison de dire : Si quelqu'un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un nouveau monde est déjà né. ~ En effet, nous avons été rendus justes par la foi au Christ, et la malédiction n'a plus aucune force. Il est redevenu vivant pour nous, après avoir terrassé le pouvoir de la mort. Nous avons reconnu qu'il est Dieu par nature et véritablement. Nous adorons le Père en esprit et vérité par la médiation du Fils qui fait venir sur le monde, de la part du Père, les bénédictions célestes.
C'est pourquoi saint Paul dit ensuite avec beaucoup de profondeur : Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ. Et il est bien vrai que le mystère de l'Incarnation, comme la rénovation qui s'ensuit, n'échappent pas à la volonté du Père. ~ C'est par le Christ que nous avons obtenu accès auprès du Père puisque, comme il l'a dit, personne ne va au Père sans passer par lui. Donc, tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.